Mesurer pour décarboner / Part 2

Impact Carbone

Véronique Le Marchand, vous êtes administratrice au sein de l’IMFP, Institut Musical de Formation Professionnelle à Salon-de-Provence et vous avez suivi l’accompagnement Impact Carbone, le parcours d’accompagnement à la mise en place d’un plan d’action pour réduire les gaz à effet de serre proposé par Arsud. Qu’attendiez-vous de ce bilan carbone ?

 

Une première attente, c'était la motivation. Même si je suis écologiquement convaincue que nous devons tous réduire notre empreinte carbone, il y a beaucoup d’urgences dans le quotidien de travail des structures comme la nôtre. Le bilan carbone nous a permis de vraiment nous y atteler. C'était un projet qu'on avait depuis déjà pas mal de temps.

 

Vous êtes responsable administratrice et financière, pourquoi avez-vous placé l'accompagnement à ce niveau-là, dans votre structure ?

Je suis administratrice et j'ai plusieurs casquettes. Je suis aussi responsable de la démarche qualité et du développement durable. A l'époque du programme « 100 lieux de formation exemplaires » proposé par la Région, nous avions engagé une démarche qualité et avions obtenu la labellisation régionale pour notre fonctionnement et nos formations. Cette démarche comprenait un axe développement durable, nous étions donc déjà sensibilisés.

Le bilan carbone montre qu’il y a des subtilités dans l'interprétation des chiffres que l'on recueille et dans leur prise en compte. Cela est très complexe et demande une connaissance des tenants et aboutissants de chacune des rubriques. Je voulais un peu plus me les approprier et être accompagnée pour cela.

 

Comment s’est déroulé le parcours d’accompagnement ?

Être accompagné aux côtés d’autres structures a beaucoup compté. Il y a des remarques qui font avancer. Le questionnement de chacun nous fait nous interroger à notre tour.

L’outil proposé était plutôt facile d'utilisation, assez convivial. C’est la recherche des données qui a été plus complexe. Il a fallu aller à la pêche aux informations et faire preuve d'un minimum d'appréciation sensible. Cet accompagnement nous a amené à mieux comprendre les tenants et les aboutissants pour procéder à une récolte de données en toute conscience.

 

Quels sont les principaux enseignements que vous avez tirés, quelles ont été les surprises ?

La première surprise a été que nous ne soyons pas plus nombreux à suivre ce parcours. Il y a quelque chose qui m'échappe… peut-être est-ce dû à un manque de prise de conscience. Pourtant, par l'intermédiaire de notre syndicat (le SMA, syndicat des musiques actuelles), il est beaucoup question de développement durable, j'ai été étonnée qu’aussi peu de structures profitent de cette occasion non pas pour devenir autonome, mais pour avoir une vision plus pertinente sur cette démarche.

Sur les résultats, il n’y a pas eu vraiment de surprise. On s'attendait à une problématique de mobilité des stagiaires, qui viennent de toute la région. Notre spécificité est de créer des emplois du temps individualisés pour nos apprenants. Il est donc difficile de covoiturer avec des horaires décalés ou d'utiliser les transports en commun.

On ne peut pas véritablement savoir ce que les 220 stagiaires utilisent comme moyen de transport chaque semaine. Il fallait essayer de faire une appréciation la plus fine possible. C'était la partie la plus délicate. Mais l'outil en soi propose une approche empirique qui nous donne un point de départ pour quantifier et qualifier les actions à mettre en place et en assurer le suivi.
 

Quelles sont les principales actions que vous avez réussies à mettre en place ?

Nous avons développé un process pour faire une analyse réelle de la situation en termes de mobilité. Elle est tenue à jour avec un tableau de mobilités.

On a proposé à nos stagiaires la prise en charge d’une partie de l’abonnement Zou.

Nous remboursons intégralement à nos salariés les déplacements en transports en commun et l’un de nos enseignants qui habite Aix ne prend maintenant plus que le bus.

Nous avons pris contact avec une plateforme de covoiturage que l’on intégrera au nouveau site web. Nous sommes en pleine réécriture de notre application de gestion administrative des formations, dont une partie est en consultation directe par les stagiaires et les enseignants, nous y ferons aussi un lien vers la plateforme de covoiturage.

Nous avons également installé un parc à vélos et 2 vélos ont été mis à disposition par des stagiaires. C’est un début.

Pour l’alimentation, nous ne dispose pas d’offre de restauration sur place mais un stagiaire propose 2 à 3 fois par semaine des menus wraps avec des produits locaux soigneusement sélectionnés et cela fonctionne plutôt bien.


Quelle a été l'incidence du bilan carbone sur les équipes ?

Il n’y a pas eu un enthousiasme dévastateur autour de cette démarche, certainement dû en partie au manque de temps. La sensibilisation à l’échelle individuelle existe, mais la sensibilisation autour du projet a été un peu juste.

 

Vous faites un bilan comptable, un bilan social, allez-vous désormais faire un bilan environnemental ?

La comptabilité des critères extra-financiers est encore à l’état de projet mais il faudrait vraiment que nous la mettions en place. Cela éclairerait notre projection vers l’avenir

Voir aussi
Le Référentiel Écolo